« Vingt ans et un jour » de Jorge Semprún

Dernière mise à jour : 6 sept.


Il se trouve que Jorge SEMPRUN à voulu écrire son dernier livre en espagnol, alors que parfaitement bilingue il avait toujours préféré le français. Est-ce parce qu'il nous livre le plus intime des portraits de cette « Espagne meurtrie par la guerre civile » , à travers un roman où se dévoilent les secrets de famille les plus inavouables ? Toujours est-il que le narrateur joue à cache cache avec ses personnages dans les « recoins les plus odieux, glorieux et parfois lamentables de cette mémoire collective » où rode cette justice franquiste qui condamnait à « vingt ans et un jour »Les dirigeants politiques de l'opposition clandestine.

On y croise Hemingway et Lorca, la poésie de Salinas tout comme les fantômes de Khrouchtchev et de son fameux rapport secret sur les crimes de Staline. L'histoire en marche alors que dans cette Espagne qui rêve d'avenir et de réconciliation des femmes sont encore sacrifiées au nom du droit de cuissage. Nous sommes dans un livre qui tourne autour du temps circulaire , dans un roman où l'ordre chronologique de l'historien tente de s'imposer contre la démarche du romancier qui fonctionne par « associations d'idées, d'images ou d'instants, en revenant en arrière, en se projetant en avant. Le narrateur s'amuse avec le secret de la création littéraire. C'est jouissif comme les pages les plus érotiques et violentes comme si « La mort était le seul bien que vous, les Espagnols ayez à partager" ose Hemingway excédé de les entendre parler de Notre guerre. Il n’entendra pas la réponse suggérée par peut être le narrateur : « Notre guerre ou notre jeunesse ? »

Un roman multiple traduit au plus juste par Serge Mestre comme un défi lancé par le plus francophone des écrivains espagnols Jorge Semprun.


Vingt ans et un jour de Jorge Semprun Éditions Gallimard

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