• bernard

"Maîtres et esclaves" de Paul Greveillac

Mis à jour : 26 janv. 2019

On se souvient de celui qui avait publié un recueil de nouvelles sur les Justes (Les fronts clandestins) en 2014 puis son premier roman en 2016 Les âmes rouges qui plongeait dans l’histoire soviétique des 50 dernières années à travers la vie d’un censeur passionné de littérature.

La censure m’avait alors beaucoup marqué. J’ai retenu que par exemple : Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley qui faisait près de 300 pages en France n’en faisait que… 28 en URSS après passage par les fourches caudines de Madame Anastasie (ou plutôt ses ciseaux).

Il avait su montrer comment une utopie avait tourné au cauchemar.

Il recommence.

Cette fois il met en scène la Chine des années cinquante à travers la vie d’un peintre paysan au pied de l’Himalaya. On voit passer les 50 millions de morts du Grand Bond en avant… suivi de la Révolution culturelle et sa terreur, sa barbarie, sa guerre civile avec les dénonciations et exécutions sommaires.

L’histoire du paysan peintre qui, parce que l’une de ses toiles a été repérée par la femme de Mao se hissera jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir, est un modèle du genre, tant il a épousé toute l’histoire de la mentalité chinoise pour écrire ce roman.

C’est une sorte de fable sur la manière de devenir maître ou esclave en fonction des lubies et des caprices des puissants, sur la vie de ces intouchables qui sont passés du rôle d’exécutant à celui de mandataire, sans pour autant faire de compromissions, comme souvent.

Mais sommes-nous encore maîtres de nos rêves ou esclaves de nos désirs ?


Gallimard

















#Greveillac

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