« Échec au destin » de Lluís Llach


Au château, il y a le prince Jan , quand il a « le sexe chaud » le donne à lécher à ses deux chiens, mais quand il est occupé à copuler comme aujourd'hui avec Mela, la servante, la lui suce également avant de la chevaucher sauvagement » Dans l'autre aile du château, il y a le prince Inian, à l'image de son frère aîné , il est beau et très robuste mais, à la passion des hommes pour le pouvoir et le sexe, il associe son goût pour la musique, son intérêt pour les mathématiques et les études d'astrologie, on dit qu'il est le préféré de sa mère, la reine Bal. Son époux , le roi Ebrard préfère le rustre fils aîné ,vu les temps qui s'annoncent.

Enfin dans la résidence de la chapelle royale, on découvre le prêtre Orenc, juste deux ans de plus que le prince Jan, qui est, comme tout le monde en a eu vent dans le royaume, le fils bâtard d'Ebrard d’Albir, le roi de Magens. Le jeune curé reprend ses notes avec attention, il conduit les affaires religieuses de la famille régnante, et il à l'intuition du pouvoir capital que lui confère la confession, puisque les nobles cherchent à confesser leurs péchés à la même oreille qui écoute ceux du monarque »

Mais ce soir-là, c'est un cri effroyable qui l’arrache à ses écrits, il provient de la chambre de la reine.

Ainsi débute ce thriller médiéval , où le narrateur se délecte autant des grivoiserie et des turpitudes des chevaliers et des gentes dames que des luttes fratricides que se livrent l’épée et la croix. Mais la mort de la reine doit être de toute urgence élucidée, car l’hérésie d'un suicide livrerait ce royaume convoité aux mains des seuls ecclésiastiques et de Rome. En confiant l'enquête à Orens, le roi déploie un plan machiavélique qui place le bâtard de sa première épouse répudiée en concurrent imprévu face à ses deux demi-frères. Alors que la guerre se profile, le prélat réalise qu'il peut se prévaloir d'une certaine influence sur l'échiquier, en tenant compte des désirs de Dieu. Ces pensées lui font friser l'extase, et, pendant un instant, marcher en lévitant à moitié, cesse d'être une technique apprise « à Rome. Le désir sous toutes ses formes n'est plus forcément un péché quand on est au cœur des conspirations les plus inimaginables, quand le jeune prêtre ébranlé dans ses croyances découvre aussi que « les calomnies sont des éléments constitutifs de l'exercice du pouvoir", quand il réalise que «l'arme la plus puissante qu'il possède pour son enquête est bienla confession",sauf que s'il sait qui est coupable, il ne peut le dire.

Tempête sous un crâne !

C'est bien là toute la malice du roman, avec son style alerte , un brin provocateur et grivois, Luis Llach sait parfaitement mettre en scène le triomphe du pouvoir monarchiste, et les pompes de l'église dans la cathédrale de Magens dans toute sa magnificence à midi. Apres tout, si le monarque se bat pour conserver son royaume," le Pape se meut au sein d'un milieu où la tyrannie est pratiquement imperceptible mais paralyse tout projet de remettre en cause les privilèges acquis." La lutte séculaire entre la croix et l’épée , entre le sabre et le goupillon.


"Échec au destin" de LLUIS LLACH, chez ACTES SUD

Roman traduit par Serge Mestre.




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