« Comme un désir qui ne veut pas mourir » d'Alia Mamdouh

Dernière mise à jour : 2 mars



"Mon médecin avait un genre d'humour que je n'appreciais guère. Par exemple il prenait son membre à pleine main pour me faire enrager en feignant de m'en menacer, tout ça pour dire simplement qu'il était plus vivant, palpitant de sang et de vigueur que le mien ".

Ainsi débute l'histoire de Sarmad et de "son copain", comme il désignait sa verge depuis qu'il avait constaté, ahuri que " son sexe avait rétréci jusqu'à disparaître sous son gros ventre de mangeur boulimique ".

Sarmad s'en prend à son boulot de traducteur, ces contrats zéro heure"qui pullulent à Londres et rendent la vie impossible". Il faut compenser la solitude en mangeant, puis on découvre toutes ses maîtresses, Kits la berlinoise ex communiste, Fiona l'ecossaise, l'âge de sa mère, qui avait fait son éducation sexuelle "la plus chaude la plus jouisseuse et la plus joviale de mes femmes "qui baisait pour rester dans ce monde alors que mo j'ai l'impression de le quitter ", la Casablancaise recrutée par Abou Maxime devenue experte dans l'art d'allumer sexuellement, qui était dévoré de désir et de concupiscence comme si le type devant elle était un cheese-burger ". L'écriture d'alliance Mamdouh est d'un érotisme brutal, la langue polysémique ,"vecteur majeur dans la copulation, qui suce et qui parle parfois mal l'anglais comme Sarmad, complexé devant l'aristocratique Alef,l'amour de sa vie que son frère lui a pris.

Kits est la plus politique, qui est arrivée à Londres plusieurs années après la chute du mur et les balles qui visaient sa poitrine , Kita qui "s'opposait aux mâles arabes "et qui, dit-elle, a perdu les élections parce qu'elle est une femelle " Kits qui voudrait tant que d'autres murs tombent entre nous "

Il y a ces discussions sans fin sur les communistes qui ne peuvent guérir du communisme, sur les traître qui font leurs affaires à Beyrouth, tout un milieu délétère, ces hommes qui pensent que les putes baisent contre le régime avant de trinquer à la santé de la merde nationale et du stade anal, il y a cet amour/haine des Irakiens pour l'anglais.

C'est cru, on a parfois du mal à savoir qui parle, mais est-ce important ? Beaucoup est dit.

Peut être comme une rédemption, on n'oublie pas ce souvenir de Sarmad à l'université de Bagdad, sa prestation avec ces quelques vers de Shakespeare et le regard d'Alef qui lui dit "GREAT".


« Comme un désir qui ne veut pas mourir » d'Alia Mamdouh, éd. Actes Sud






125 vues

Posts récents

Voir tout