Association Les Automn'Halles

533, chemin de la Mogeire

34200 Sète, Occitanie, France

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 Cinéma                                                  

Les affinités entre le septième art et la littérature ne sont plus à démontrer. C'est pourquoi, depuis trois ans, le festival des Automn'Halles s'est enrichi d'une séance de cinéma. Comme elle a lieu le jeudi, veille de l'inauguration officielle, nous l'avons baptisée « avant-première ». Naturellement, le film est soigneusement sélectionné pour être en résonance avec le festival.

Ainsi, comme l'édition 2016 célébrait l'Espagne, nous avions choisi de projeter Le labyrinthe de Pan du réalisateur mexicain Guillermo del Toro (consacré cette année par 4 oscars pour La forme de l'eau). En effet, la tragédie de la guerre civile espagnole, longtemps occultée, réapparaissait avec force dans nombre de livres que nous présentions (cf. Historique).

De même, comme l'édition 2017 célébrait les nomadismes, nous avons choisi le magnifique Latcho Drom ! (Bonne route !) de Toni Gatlif, hommage musical vibrant à l'épopée millénaire du peuple rom depuis le Rajasthan jusqu'en Andalousie.

Pour notre session 2018 qui va tenter de ''penser le présent'', nous avons été frappés par le nombre de livres qui traitent du passé occulté, refoulé, travesti parfois, et des dégâts qu'il provoque sur le présent, parfois des générations après (plusieurs ouvrages sur la tragédie algérienne et la Shoah, par exemple). Nous avons choisi de vous présenter en ''avant- première'' cinématographique  

L'Histoire officielle, film de Luis Puenzo (1985)

qui traite de la dictature argentine et plus précisément de bébés volés aux opposants, et confiés à des proches du régime. Couronné par de nombreux prix à Cannes en 1985, il a reçu l'oscar du meilleur film étranger en 1986.

Synopsis : Alicia, professeur d'Histoire dans un lycée de Buenos Aires, mène une vie tranquille et bourgeoise avec son mari et leur petite fille adoptive Gaby. La junte militaire sanglante vit ses derniers mois au pouvoir.

Dans sa vie personnelle comme dans celle de son pays, Alicia a toujours accepté ''l'Histoire officielle'', jusqu'au jour où, le contexte politique aidant, elle commence à s'interroger sur la véritable histoire de Gaby, sur les circonstances de sa naissance et de son entrée dans leur famille.

Intérêt du film : il réside dans le retour inexorable du passé refoulé de cette famille mais bien sûr, à travers elle, de celui de tout un pays, l'Argentine.

Des images authentiques, bouleversantes (manifestations de mères de la Place de Mai, dossiers des '' disparus'') viennent jalonner cette quête obstinée, courageuse d'une femme qui a pourtant tout à perdre à la manifestation de la vérité.

L'actrice Norma Aleandro a d'ailleurs reçu, à Cannes, le prix d'interprétation féminine pour ce film.

Par sa force et sa beauté, il mérite bien le titre de ''classique'' qui lui permet de transcender le temps et l'espace. Ainsi, en le voyant, on ne peut s'empêcher de penser aux milliers de bébés volés sous Franco aux républicains, pour éviter la diffusion du ''gène rouge'' (sic). Après des  décennies d'obstruction, le procès historique s'est enfin ouvert à Madrid le mardi 26 juin 2018.

Y aura-t-il un jour un roman, un film, sur ces centaines d'enfants mexicains séparés de leur famille et dispersés aux quatre coins des USA par la politique anti-immigrés de Donald Trump ?